Vous avez dû souvent voir passer les photos de cette princesse perse avec des commentaires moqueurs disant que c’était un symbole de beauté et que plusieurs hommes se sont suicidés pour elles. Hé bien moi aussi, j’ai voulu alors en savoir plus, et quelle fut ma surprise de découvrir quelle femme exceptionnelle et courageuse fût cette dame.

Taj Saltaneh Khatoun
Taj Saltaneh Khatoun

Taj Saltaneh Khatoun (1883 – 1936) est la fille de Nasseredin Shah et la sœur de Mozaffaredin Shah, tous deux Shah d’Iran. Elle a été une des femmes les plus progressistes de son époque. Elle a écrit Khaterāt-e Taj Saltaneh (« Les mémoires de Taj Saltaneh »), autobiographie dans laquelle elle révèle les conditions de vie déplorables des femmes iraniennes.

Le pouvoir revient à son demi-frère, Mozaffaredin Shah qui ne l’apprécie pas. Elle critique ouvertement ses choix politiques et son despotisme. Passionnée par la philosophie des Lumières et la Révolution Française, elle prédit un soulèvement en Iran.

Elle meurt à Téhéran le 25 janvier 1936, laissant un journal autobiographique, rédigé sous la forme d’une longue lettre, important à la fois comme document historique et comme œuvre littéraire. Le voile y est le symbole de l’infériorisation des femmes. Ses mémoires reprennent ainsi ses observations, durant un voyage à Tabriz, sur les femmes vivant et travaillant dévoilées sans que ceci n’encourage une prostitution. Elle y décrit aussi de façon très ouverte sa vie intime, ainsi que le fonctionnement du harem royal. Cette autobiographie lui permet également d’affirmer ses idées, et ses convictions favorables à la mise en place d’un cadre constitutionnel, le mashrouteh : « D’où vient le progrès ? De la Loi. Quand est-ce que la Loi peut s’appliquer ? Dès le moment où le despotisme prend fin. La mashrouteh est donc mieux que le despotisme. »

Malheureusement certains n’ont retenu que son physique et se moquent d’elle presque un siècle après sa mort.

Voir sa biographie ici