Le 13 mars 1832 naissait la journaliste et écrivaine française Olympe Audouard, qui est aujourd’hui connue pour son militantisme féministe dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Née Olympe Félicité de Jouval, elle fut élevée comme un garçon par son père et ne reçut donc pas l’éducation traditionnelle des jeunes filles à cette époque très sexiste patriarcale. Elle fut cependant mariée à vingt ans, mais se sépara rapidement de son mari à cause de ses infidélités sans pour autant divorcer car cela était encore interdit pour les femmes – malgré une première autorisation entre 1792 et 1816 – et seuls les hommes pouvaient le demander avec des raisons bien spécifiques.

Suite à sa séparation, elle partit s’installer à Paris sus les conseils de l’écrivain Alexandre Dumas (1802-1870) qui avait déjà lu et apprécié plusieurs de ses écrits, et y fréquenta de grands noms de la littérature tels qu’Alphonse de Lamartine (1790-1869), Théophile Gautier (1811-1872) et bien sûr Dumas. Elle continua sa carrière d’écrivaine durant laquelle elle voyagea à travers le monde avant de retourner à Paris où, après avoir tenté de se lancer sans succès dans le commerce, elle reprit l’écriture avec son roman « Comment aiment les hommes » (1862).

En parallèle à ses activités de femme de lettres (ou « bas-bleu »), Olympe Audouard fonda plusieurs revues et journaux traitant de divers domaines – littérature, art, histoire… – dans les années 1860. Elle souhaitait également écrire sur la politique en transformant une de ces revues en feuille de politique. Mais pour qu’une revue puisse changer de statut, il fallait alors une autorisation du ministère de l’Intérieur et celui-ci lui refusa au prétexte que l’autorisation ne pouvait être accordée qu’à un « Français jouissant de ses droits civils et politiques », autrement dit aux seuls hommes. Elle dénonça vivement cette discrimination, puis choisit de partir aux États-Unis.

C’est à cette époque que son engagement féministe fut le plus fort puisqu’elle tint plusieurs conférences dans lesquelles elle défendait le droit de vote et l’éligibilité des femmes – obtenues en 1920 aux États-Unis – ainsi qu’une législation plus égalitaire en matière de divorce. Celui-ci fut finalement ré-autorisé en France avec la loi Naquet en 1884, et elle put donc enfin divorcer officiellement. Son engagement lui attira cependant de fortes hostilités et critiques de la part de ses détracteurs, dont le plus notable fut l’écrivain catholique et dandy Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) qui était viscéralement opposé au monde moderne et aux femmes de lettres.

Revenue en France vers 1870, elle participa notamment à la défense de la capitale lors du siège par les Prussiens en servant comme infirmière. Elle continuait alors sa carrière littéraire et écrivit notamment son autobiographie en 1884, quelques années avant sa mort en 1890 à l’âge de 57 ans.